
Lorsqu’un salarié doit s’arrêter de travailler pour des raisons de santé, une inquiétude majeure réside dans le maintien de son niveau de vie. Comment continuer à percevoir 100 % de son salaire pendant un arrêt maladie ? La perte de revenus peut s’avérer préoccupante, mais il existe des mécanismes pour compenser cette baisse, tels que les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), les indemnités complémentaires de l’employeur, et des dispositifs de prévoyance. Voici un guide complet pour comprendre les conditions, les calculs et les stratégies permettant de bénéficier d’un maintien intégral de votre rémunération.
Les conditions d’obtention des indemnités journalières
Pour percevoir des indemnités journalières de la Sécurité Sociale (IJSS) en cas d’arrêt maladie, certaines conditions doivent être remplies :
- Avoir accompli un minimum d’heures de travail : au moins 150 heures au cours des trois mois civils (ou des 90 jours) précédant l’arrêt maladie.
- Des cotisations suffisantes doivent être réalisées : si la première condition n’est pas remplie, il est nécessaire d’avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le montant du SMIC horaire au cours des six mois précédents.
- Ces règles concernent aussi bien les salariés en CDI que ceux en CDD ou intérim, bien qu’elles puissent varier selon la situation contractuelle.
Respecter strictement ces conditions est indispensable pour pouvoir bénéficier des IJSS. À partir du quatrième jour d’arrêt, l’assurance maladie commence à verser les indemnités, après un délai de carence de trois jours. Toutefois, certains employeurs ou conventions collectives peuvent réduire ou supprimer ce délai.
Calcul des indemnités journalières
Le montant des IJSS est calculé sur la base du salaire journalier de référence. Celui-ci correspond à la moyenne des salaires bruts des trois mois précédant l’arrêt maladie. Par exemple, si un salarié perçoit un salaire brut mensuel de 3 000 €, le calcul se déroulera comme suit :
| Salaire brut mensuel | Salaire journalier de base | Indemnités journalières |
|---|---|---|
| 3 000 € | (3 000 x 3) / 91,25 = 98,63 € | 98,63 x 50 % = 49,32 € |
Il faut noter que les IJSS ne couvrent que 50 % de votre salaire journalier brut, et ce, dans la limite de 1,4 fois le SMIC mensuel, qui s’élève à 2 522,57 € à partir du 1er avril 2025. Lorsqu’un salarié gagne davantage, les IJSS peuvent ne pas suffire à maintenir son niveau de rémunération habituel. Pour vérifier les droits et avoir plus de détails, il est possible de consulter le site Ameli ou de contacter directement la CPAM.
Le rôle de l’employeur et des indemnités complémentaires
En complément des IJSS, l’employeur a l’obligation de verser des indemnités complémentaires, sous certaines conditions. Ce versement est susceptible d’aider à maintenir une partie significative du salaire pendant l’arrêt maladie.
- Les indemnités complémentaires sont obligatoires pour les salariés ayant au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise.
- En général, une période de carence de sept jours s’applique avant que ces indemnités soient versées.
- Lorsque le salarié est en arrêt, l’employeur doit verser 90 % du salaire brut pendant les 30 premiers jours, puis 66,66 % pour les 30 jours suivants.
La durée d’indemnisation complémentaire évolue avec l’ancienneté et est ainsi décrite :
| Ancienneté | Durée d’indemnisation | Pourcentage des indemnités |
|---|---|---|
| 6 à 10 ans | 80 jours | 40 jours à 90 % et 40 jours à 66,66 % |
| 11 à 15 ans | 100 jours | 50 jours à 90 % et 50 jours à 66,66 % |
| 16 à 20 ans | 120 jours | 60 jours à 90 % et 60 jours à 66,66 % |
| Plus de 31 ans | 180 jours | 90 jours à 90 % et 90 jours à 66,66 % |
Il est aussi important de savoir que si l’employeur verse des indemnités complémentaires, il peut demander une contre-visite médicale pour vérifier la réalité de l’arrêt maladie.
Comment allier différents dispositifs pour un maintien intégral du salaire
Pour veiller à atteindre un maintien de salaire à 100 %, il peut s’avérer nécessaire de combiner plusieurs dispositifs :
- Conventions collectives : Certaines prévoient des clauses avantageuses qui garantissent le maintien intégral du salaire dès le premier jour d’arrêt maladie.
- Accords d’entreprise : Des négociations peuvent donner lieu à des politiques internes favorables, comme une prise en charge immédiate des indemnités sans délai de carence.
- Prévoyance collective : Souvent souscrite par l’employeur, elle peut compléter les IJSS et les indemnités complémentaires, permettant d’atteindre jusqu’à 100 % du salaire net.
Le mécanisme de prévoyance collective fonctionne en couvrant une partie du salaire restant après le versement des IJSS et des indemnités complémentaires. Par exemple, si les IJSS fournissent 50 % du salaire brut et que l’employeur verse 30 %, la prévoyance peut contribuer 20 % supplémentaires pour atteindre la totalité du salaire requis.
Avantages des contrats de prévoyance
Les contrats de prévoyance collective sont un avantage non négligeable, car ils sont automatiquement souscrits par l’employeur, garantissant ainsi une couverture sans démarches individuelles pour le salarié. En 2025, les couvertures et garanties des contrats peuvent varier considérablement, et il est donc essentiel d’en vérifier les clauses avant de s’engager. Les salariés peuvent également souscrire à des contrats individuels de prévoyance pour plus de flexibilité et d’adaptation à leurs besoins spécifiques.
Risques liés aux arrêts maladie : licenciement et contre-visites
Les travailleurs en arrêt maladie doivent être conscients des risques liés à de récurrents arrêts. Un employeur ne peut pas licencier un salarié en raison d’un état de santé. Toutefois, un licenciement peut être envisagé dans certaines situations précises.
- Le licenciement pour motif disciplinaire, économique ou un autre motif réel et sérieux est possible, à condition qu’il ne soit pas lié directement à la maladie.
- Le licenciement pour « perturbation du fonctionnement de l’entreprise » peut constituer un motif si des preuves sont apportées sur la nécessité du remplacement du salarié.
- Dans le cas d’arrêts pour raisons professionnelles, le licenciement ne peut être fondé que sur deux motifs : faute grave et impossibilité de maintenir le contrat.
Les employeurs ont aussi la possibilité de réaliser des contre-visites médicales. Selon un décret de 2024, ces contrôles peuvent être effectués à domicile ou dans un cabinet médical. Si l’arrêt maladie est jugé injustifié, les indemnités peuvent être suspendues et des remboursements pourraient être exigés.
Il est donc primordial de connaître ses droits et de s’informer sur la façon dont un arrêt maladie peut impacter ses revenus.
Conclusion pratique sur le maintien de salaire
Atteindre 100 % de son salaire en arrêt maladie est réalisable en combinant efficacement les IJSS, les indemnités complémentaires de l’employeur, les dispositions conventionnelles, et les garanties de prévoyance. S’informer auparavant, vérifier ses contrats d’assurance et comprendre les subtilités des conventions collectives peuvent s’avérer essentiels pour préserver sa situation financière.
Pour une meilleure compréhension de tous ces dispositifs, il peut être bénéfique de consulter des professionnels du secteur, ou des organismes comme la MACIF, MAIF, AG2R La Mondiale, Harmonie Mutuelle, Malakoff Humanis, April ou Swiss Life pour des conseils adaptés.
Afin de mieux appréhender le sujet, des ressources supplémentaires peuvent être consultées sur des sites fiables tels que LégaVox, HelloWork, ou Ouest-France.
